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(2) Welcome to Copenhagen.

 « Quand ça fait des mois que tu vis et entreprends ce voyage comme une libération, tu ne peux verser une quelconque larme à l’aéroport, ton excitation est trop grande, ton départ trop proche. Et tu ne peux pas t’empêcher de sourire, alors que pour soulager un peu les cœurs, tu pourrais adopter une attitude qui laisse ressortir un semblant de faiblesse, de regret, de tristesse. Mais tu persistes à sourire, d’ailleurs, ce n’est pas toi qui persistes, c’est ton corps. Il sait qu’il va bientôt devoir montrer de quoi il est capable. Il sait ce qu’il va falloir supporter, qu’on va le mettre à l’épreuve. Mais il sait aussi que s’il y arrive, s’il dévoue toutes ses forces aux deux prochains mois; il atteindra un degré, un excès de bonheur qui apparaîtra en palier successif. Bonheur qu’il appréhende un peu. Et c’est pour cela qu’il sourit. L’épreuve ne lui fait pas peur, il va l’englober, continuer à marcher avec. Même si c’est un poids, il ne veut et ne peut pas s’arrêter. Il ne peut pas se permettre de ralentir, car ralentir serait une erreur, un début de confusion avec l‘esprit, qui lui aussi, est mis à l‘épreuve. L’esprit et le corps qui jusqu’à présent travaillaient ensemble, doivent se séparer pour créer deux forces. L’esprit et le corps ne doivent plus coopérer, ils doivent se dissocier afin d’être plus autonome face aux défis qui les attendent. »

Je ne pense pas que vous vous rendiez compte de ce que mon corps et mon esprit, même disjoints vivent en ce moment.La fatigue prend le dessus. Pourtant j’essaye. Mais je suis exténuée.Vous me manquez, c’est sur. Mais je ne considère pas cela comme une faiblesse. Ma faiblesse depuis deux jours, c’est la peine que j’ai à surmonter cette fatigue. Je ne peux plus repousser à plus tard ce manque de sommeil. Nous nous couchons tard, et nous nous levons tôt. Nous sommes obligés de veiller au moins jusqu’à dix heures du soir, et je vous assure que par rapport à l’État dans lequel je suis en ce moment, c’est insurmontable. Je dors debout, au sens propre du terme.

Au camp, nous sommes les seuls à ne pas parler l’anglais. Nous sommes les seuls français. Et nous sommes quatre. Il y a des allemands, des brésiliens, des vietnamiens, des chinois, des japonais, des suisses, des autrichiens, des italiens, des américains ou bien encore des new zélandais. Et tous parlent anglais. Les consignes nous sont dites très rapidement, les exercices sont expliqué à une vitesse ou il m’est dur de comprendre plus de deux mots par phrase. La plupart arrivent à écouter les consignes et les demandes des encadreurs en arrière plan. Nous non. Nous sommes obligés de nous donner à fond, du lever jusqu’au soir ou même dans notre chambre ou nous sommes peut être quinze, les agressions extérieures continuent. Ils ne se rendent pas compte de ce que nous vivons. Je suis extenuée. Mon corps est engourdis, mes yeux se ferment tout seuls et l’on continu à ma baratiner toutes sortes de choses à faire en anglais. On ne me demande pas seulement d’être présente, on me demande en plus d’exister, de montrer ce que je vaux. Mon corps n’en peut plus et je sens que mon esprit ne va pas tarder à craquer. Je me sens mal.

Je me suis fait quelque amis, et plus particulièrement un allemand qui est très sympa et deux italiens qui me font rire.

Les Chinois et les Japonais sont très amusant avec leurs petits pyjama et leurs sourires jusqu’au dents.

Je n’arrive pas trop à m’exprimer. Je veux dire des choses, mais je ne peux pas car je ne sais pas parler l’anglais. C’est très frustrant, j’ai pourtant pleins de chose à dire, de blagues à faire ! D’habitude je suis extravertie, mais là, ce n’est pas que je ne veux pas, c’est tout simplement que ce n’est pas possible. Je mélange tout, j’ai l’impression de ne plus rien savoir. Je commence des phrases en allemand que je fini en anglais, même dans ma tête la soir mon esprit cherche à traduire ce que je pense en anglais. Je n’ai aucun moment de répit.

Ça va venir, j’essaye de ne pas trop m’inquiéter.

Je pars demain du Camp. C’est vrai que les débuts ont été difficiles, mais ça va mieux. Mon corps n’est pas moins fatiguée mais mon esprit se repose petit à petit. J’ai beaucoup parlé avec Emmanuel, l’italien qui est fan de Paris, des galeries Lafayette tout ça. J’ai fait beaucoup de rencontre, c’est vrai, et heureusement. Je pense m’être un attachée à Markus, l’allemand. Nous avons beaucoup parlé ensemble cette nuit. On devait se coucher vers dix heures mais nous nous sommes croisés dans les couloirs et nous avons parlé jusqu’à deux heures du matin. Nous avons beaucoup rit aussi. Markus va au Groenland. Il sait que cela promet d’être compliqué mais il reste serein. Il sait qu’il va vivre quelque chose d’extraordinaire. Je pense que nous allons garder contact. Markus semble être quelqu’un de bien. Je lui écrirais.

Je vous embrasse

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